Portraire (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Traire ). XII e siècle, pourtraire , puis portraire . Composé de pour et de traire , au sens de « dessiner ». Vieilli. Faire le portrait de quelqu'un, le représenter par la peinture, le dessin, etc. Portraire quelqu'un au vif. Il s'est fait . Fig. Décrire. Vous ne le connaissez pas : je vais vous le au naturel .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Représenter une personne au naturel, avec le pinceau, le crayon, etc. "Portraire au vif, au naturel. Il s'est fait ."
Il s'emploie aussi figurément. "Vous ne le connaissez pas, je vais vous le au naturel." Dans l'un et l'autre sens, il est vieux.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 


Il se conjugue comme traire. Terme qui a vieilli. Faire la représentation, tirer la ressemblance, à l'aide de quelqu'un des arts du dessin.
VOLT.: « Le bon Hercule de Fleuri, Petit prêtre nonagénaire, En Hercule s'est fait , De quoi chacun est ébahi »
    Absolument.
ROLLIN: « Un des plus grands avantages que l'art de ait reçus pour éterniser ses ouvrages est la gravure sur le bois et sur le cuivre »
    Fig.
CORN.: « Souffre-moi toutefois de tâcher à D'un roi tout merveilleux l'incomparable frère »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     la Rose, 21072: Pygmalions, uns entailleres, Portraians en fust et en pieres, Por son grant engin esprover, Se volt [voulut] à deduire
    XVème siècle
FROISS.: « Trop bel escuier estoit, et pourtraioit de tous membres grandement au pere »
    XVIème siècle
AMYOT: « On peult voir encore aujourd'hui en la ville de Delphes son image entiere, portraitte au naturel après le vif »

ÉTYMOLOGIE
    Bas-lat. protrahere, , protractio, portrait ; du lat. protrahere, tirer en avant, d'où, dans la langue du moyen âge, dessiner ; de pro, en avant, et trahere, tirer (voy. TRAIRE).


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Tirer la ressemblance, la figure, la représentation d'une personne au naturel, avec le pinceau, le crayon, etc. "Portraire au vif, au naturel. Il s'est fait ."
Il s'emploie aussi figurément. "Vous ne le connaissez pas, je vais vous le au naturel." Dans l'un et l'autre sens, il est vieux.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Tirer la ressemblance, la figure, la représentation d'une personne au naturel, avec le pinceau, le crayon, etc. "Portraire au vif, au naturel. Il s'est fait ". Il vieillit.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Tirer la ressemblance, la figure, la représentation d'une personne au naturel, avec le pinceau, le crayon, &c. "Portraire au vif, au naturel. Il s'est fait ." Il est vieux.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

PORTRAIT, s. m. PORTRAITûRE, s. f. ["Portrère", "trè", "trètûre:" 2e "è" moy. long au 1er, 3e lon. aussi au 3e.] "Portraire", s'est dit autrefois pour, "faire le portrait" de: c. à. d. la représentation d' une persone au naturel, avec le pinceau, le crayon, "etc." L'"Acad." avait dabord dit que ce mot vieillissait: dans la dern. édit. elle dit qu'il est vieux. 'Il "s'est fait ". On doit dire: il "a fait faire son portrait". = On dit qu'un "portrait" est "flaté", quand il diminue les défauts du visage; et qu'il est "chargé", quand il les augmente. = "Portrait" ne signifie quelquefois que "ressemblance": 'Ce fils est "le portrait de" son père, "son portrait", "son" vrai "portrait". = C'est aussi la description qu'on fait dans le discours, d'une persone, tant pour le corps, que pour l'esprit. 'À~ la fin du dernier siècle, c'était la mode de "faire des portraits". FLÉCHIER fit le sien, et il est à la tête de ses oeuvres. 'Beaucoup d'Historiens ont fait "des portraits" d'imagination. 'Les histoires du Parlement d'Angleterre, et du Stathoudérat ne sont guère qu'une galerie de "portraits" de fantaisie. 'C'est le défaut de plusieurs Panégyristes de remplir leurs discours de "portraits" antithétiques: c'est un mauvais goût.
   "Rem." Avec le régime du génitif, "portrait" se dit de celui qui "est peint", et non pas du Peintre qui "l'a peint": ainsi ce mot a un sens passif. Le défaut d'atention au vrai sens de ce mot, rend fausse la pensée suivante. 'Jamais "le portrait de" l'Auteur n'est "à" la place de "celui du" Hérôs. "Avert." à "l'Hist. des Tudors". L'Auteur veut dire que l'Historien ne substitûe pas des portraits d'imagination aux vrais portraits des Hérôs, et sa phrâse prise à la rigueur, signifie que la ressemblance ou la représentation de l'Auteur n'est point à la place de la ressemblance ou de la représentation de ses Hérôs. = On dit, à la vérité, d'un Historien comme d'un Peintre, que "ses portraits" sont ressemblans: mais on le dit ainsi, pour abréger, et pour signifier que les portraits qu'il trace des personages, sont peints d'aprês natûre. Si l'on disait au singulier, "le portrait de" ce Peintre, "de" cet Historien, ou bien "son portrait" est parlant, est ressemblant, on donerait à entendre qu'il y "est peint", et non pas qu' il "l'a peint".
   PORTRAITûRE s'est dit autrefois pour "portrait". On ne le dit plus qu'en termes de Peinture. "Livre de Portraitûre", qui enseigne à dessiner toutes les parties du corps humain.
   * Quelques-uns ont dit aûtrefois "Portraitiste": d'aûtres ont dit "portrayeur": on ne dit ni l'un ni l'aûtre: on dit, "faiseur de portraits". Richelet; ou mieux, "Peintre en portraits".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Tirer la ressemblance, la figure, la representation d'une personne au naturel, avec le pinceau, le crayon, &c. "Portraire au vif, au naturel. il s'est fait ". Il vieillit & ne se dit qu'à l'infinitif.




Emplacement dans le dictionnaire :

porter
porteur
porteur de chaise
portier
portière
portiere
portion
portique
porto

portrait
portrion
portuaire
portugais
portugaise
porzane
pose
posé
posée
posément
posement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Louis-Sébastien MERCIER (Tableau de Paris : t. 1 à 4)

...d'un précepteur, se nommât-il J J Rousseau. Peu de tragédies ont rapporté autant que les racoleurs . Les peintres de frivolités sont les mieux payés de tous ; et les sculpteurs sont réduits à portraire les physionomies communes d'hommes nuls ou vils, mais qui commandent la bourse en main. C'est à vernir des équipages que l'on parvient à en avoir un. Le médecin des chiens a fait une fortune dont se...


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